Qu'elles soient acoustiques, élastiques ou électromagnétiques, les ondes peuvent être utilisées pour recueillir des informations sur un milieu inconnu. Dans une première étape, des transducteurs en acoustique, des sismographes en géophysique ou des antennes en électromagnétisme, émettent des ondes, enregistrées par un réseau de récepteurs. Dans la deuxième étape numérique, ces données sont traitées afin d'estimer certaines caractéristiques pertinentes du milieu : l'emplacement et la forme des sources ou des réflecteurs.
L'introduction en 2003 des corrélations croisées en sismologie a conduit à une avancée majeure en imagerie, obtenue à la suite des conséquences inattendues des expériences de renversement temporel. L'enregistrement des ondes par un réseau de récepteurs et leur régénération dans le milieu après renversement temporel ont en effet permis de focaliser les ondes sur les sources d'origine ou sur des réflecteurs. Étonnamment, la refocalisation des ondes dans un milieu perturbé de manière aléatoire a donné de bien meilleurs résultats que dans un milieu homogène.
Dans le cas d'un cube de béton dont il s'agit d'identifier les anomalies internes, les modèles directs sont approximatifs, surtout si les données disponibles sont limitées. Le défi des corrélations croisées consiste à détecter et à localiser les sources et les réflecteurs afin de reconstruire les petites inclusions et des déformations de forme.
En imagerie multimodale, il faut établir un compromis entre la taille des données, la complexité des calculs, le rapport signal/bruit et la résolution. Le compromis entre résolution et stabilité est crucial lorsque les données sont bruitées. Il s'agit alors de se jouer du bruit, identifié sous ses différentes formes.
Les récepteurs peuvent être à l'origine d'un bruit de mesure, ce qui signifie que les données enregistrées sont corrompues par un bruit additif et non corrélé ; ce type de bruit est bien maîtrisé et peut être atténué par des fonctions d'imagerie classiques, telles que l'imagerie par les moindres carrés (ou inversion de forme d'onde complète), la migration en temps inverse ou la migration en temps de trajet.
Le milieu peut être lui-même à l'origine du bruit. Le milieu ambiant peut être hétérogène et la diffusion suppose alors un bruit de fond dans les données qui présente une structure très différente de celle du bruit de mesure en raison de propriétés de corrélation non négligeables. Sivienn analyse ainsi les corrélations des signaux enregistrés qui contiennent des informations sur le milieu.
Le bruit peut provenir de sources qui ne sont pas contrôlées. Les sources de bruit non contrôlées ou ambiantes peuvent cependant émettre des ondes qui, par leurs corrélations, véhiculent des informations sur le milieu. L'approche originale de Sivienn consiste à analyser les corrélations des signaux enregistrés afin d'en extraire les informations.
Afin de développer et de mettre en œuvre les techniques originales d'imagerie et de traitement du signal qu'elle élabore depuis treize ans, Sivienn recherche des mathématiciens appliqués désireux de développer leurs savoir-faire mathématiques et algorithmiques.
Les premiers travaux de Sivienn avaient porté avec succès sur la surveillance de structures à l'aide de capteurs passifs, sur les essais non destructifs par ultrasons dans des milieux complexes, et sur la surveillance des modes vibratoires des assemblages d'uranium dans les réacteurs à l'aide de mesures du flux neutronique. De nouveaux domaines d'application ont émergé, en particulier dans l'acoustique sous-marine et plus récemment en sismique. L'objectif de Sivienn est de continuer à étendre les concepts et les méthodes des corrélations croisées à d'autres domaines.
Sivienn recrute ainsi des chercheurs à temps plein, titulaires d'un doctorat ou d'un postdoctorat en mathématiques théoriques ou appliquées, possédant des compétences en probabilités/statistiques ou en traitement du signal.
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